Le chômage : une étape pour mieux rebondir

0
36
Le chômage une étape pour mieux rebondir

Aujourd’hui, il est courant de perdre son emploi au moins une fois au cours de sa vie. Voici les conseils des professionnels pour mettre à profit cette période, en tirer un bilan et se créer de belles opportunités.

Il y a la crise économique et il y a la crise de l€’emploi, phénoménale : 3 571 600 demandeurs d€’emploi sans aucune activité, c’€est énorme et c€’est quasi tout le monde un jour ou l€’autre. Du coup, le regard porté sur les chômeurs a évolué. Lorsqu€’une personne est débarquée, on ne la regarde plus de travers comme si elle était la seule responsable, comme s’€il n€’y avait pas aussi la conjoncture, la politique de l€’entreprise, les mutualisations, les patrons voyous, etc. On relativise. Mais paradoxalement, c€’est lorsque l€’on a déjà un travail que l€’on en trouve un autre plus facilement : « indoor », en poste, on est visible, désirable, pour les recruteurs ; « outdoor », licencié et sur le marché de l’€emploi, on est moins courtisé. Pourtant, c’€est bien dans cette posture inconfortable qu€’il va falloir redéployer une « employabilité » et retrouver un job, sans pour autant se brader ni se jeter à la tête du premier (emploi) venu. Malgré les difficultés, une pause « sans » doit être mise à profit pour réfléchir à son parcours, à la sortie de piste qu€’est un licenciement et à son avenir professionnel.

On tourne la page

Au boulot comme en amour, il y a des séparations plus ou moins douloureuses. Après quelques mois de harcèlement moral, et même dans le cas d€’une rupture de contrat à l€’amiable, on peut être soulagé d’€en finir et de partir avec son chèque. Comme en amour, on préfère recouvrer sa liberté et redevenir un coeur à prendre. Sauf que perdre son job, c€’est aussi perdre son statut social et sa source de revenus. Il y a urgence à se recaser. De là un stress qui nous conseille mal.

Il faut se donner quelques mois, après un licenciement, pour faire le bilan et bien cibler ses recherches. Une fois débarqué, on a quand même des indemnités transactionnelles et les allocations chômage. De quoi voir venir. Faire le bilan, c’ƒest déjà faire le deuil de son ancien poste, de son ancienne équipe, pour arriver à en parler au passé et ne plus dire “chez nous” en parlant de la boîte. On ne sƒ’ƒen rend pas compte mais la nostalgie transpire dans le pitch quƒ’ƒon fait de son expérience pro. Les trémolos dans la voix, devant un recruteur, c’ƒƒest rédhibitoire. Il faut retravailler son personnage social avant de se remettre sur le marché. Lƒ’ƒautre erreur consiste à se jeter sur toutes les annonces et à envoyer cent emails par jour, dans une peur panique du lendemain. À taper à lƒ’ƒaveugle, on risque de décrocher un entretien sans y être préparé, voire un job où lƒ’ƒon mourra dƒ’ƒennui. Car même si cƒ’ƒest un peu culotté de le dire, le chômage, c’ƒƒest le moment ou jamais de se poser et de formuler des vœux : quel genre dƒ’ƒentreprise veut-on cibler ? Quel est son cœur de métier ? Veut-on travailler avec plus dƒ’ƒautonomie ? Moins de responsabilités ? En poste, le nez dans le guidon, on n’ƒa jamais eu le temps faire le point. Lorsqu’ƒƒon perd son emploi, ses fonctions, ses cartes de visite, un repositionnement s’ƒƒimpose. Dƒ’ƒabord, on devient manager de soi-même et non plus dƒ’ƒune équipe. Ensuite, il convient de retrouver une posture dƒ’ƒhumilité tout en ayant une offre à proposer et non pas une demande à formuler.

On travaille sa visibilité

C’ƒest le moment de remplir l’ƒƒagenda avec des rendez-vous utiles, des conférences, des salons professionnels. Si on bénéficie dƒ’ƒun accompagnement en outplacement, on sera aidé dans cette démarche de prospection. Sinon, on peut retrouver des amis dans le même cas, non pas pour déblatérer sur ces hyènes qui nous ont virés mais pour affiner une stratégie, ajouter des noms sur sa liste de personnes-ressources, ou rejoindre ensemble un espace de coworking avec box ordi-imprimante-téléphone, histoire de retrouver une ambiance de bureau. Devenir visible, cƒest solliciter le premier cercle de son réseau, ses amis, ses anciens collègues, ceux avec lesquels on peut valider ses hypothèses, rôder ses arguments. On se sent assez à lƒ’ƒaise avec eux pour s’ƒƒentraîner à un pitch forcément maladroit, au début. Quelles sont nos réalisations les plus probantes ? Comment les valoriser sur un CV ? On parle chinois et on a travaillé chez Deloitte, le cabinet dƒaudit le plus prestigieux ? Il faut mettre ses atouts en avant. Étant donné quƒ’ƒon sera amené à parler de notre licenciement en entretien, autant apprendre à aborder le sujet de manière positive.

Mieux vaut parler de rupture à l’amiable ou de départ dû à une mutualisation/une externalisation ou à un choix politique en interne. On ne peut pas raconter les conflits, ni qu’on a traîné son employeur devant les prudhommes.
Pour s’y préparer, la technique de l’« elevator speech » a fait ses preuves ; on a trois/dix/quinze minutes pour convaincre un recruteur. Un elevator speech de 3/5/10 minutes pour parler de son projet professionnel, un autre de 3/5/10 minutes pour parler de son dernier poste. Quand le discours est bien rodé, on peut passer à l’envoi de mails ciblés au second cercle du réseau, celui qui nous a été recommandé ou que l’on a côtoyé dans notre vie pro (fournisseurs, intermédiaires, etc). L’erreur, à ce stade, est d’arriver avec une demande d’embauche directe, car ce serait un miracle si l’autre avait justement un job sur mesure pour nous. La porte d’entrée, pour qu’un mail aboutisse à un rendez-vous, c’est de s’intéresser à son interlocuteur et à son parcours. Parler d’une spécificité, dune enquête métier, dire « Cet entretien va me permettre d’affiner mon projet » ou « Vous avez changé de secteur, c’est difficile, comment avez vous fait ? », cest plus dynamique que « Vous pouvez maider à rebondir, siouplaît ? ». Après l’entretien, toujours conclure ainsi : « Qui pouvez-vous me faire rencontrer ? Quels sont les recruteurs et consultants que je pourrais appeler de votre part ? » Le réseau s’étoffe ainsi, de nom en nom. Et de rendez-vous en rendez-vous, de coup de fil en coup de fil, l’assurance revient, la gifle du licenciement est derrière, tandis que se profilent des idées de collaboration, de missions… voire de CDI.

On se fait un CV de compète

C’est une fois dehors que l’on mesure l’importance du CV et de la visibilité numérique. En dehors des amis FB avec lesquels on délire à coup de stickers Minions, cette présence 2.0 plafonne au-dessous de zéro. Alors que tant de destins professionnels se lient sur les réseaux sociaux tel que LinkedIn. On parle du « cap des quatre mois ». Après quatre mois de chômage, on voit des trous apparaître dans le CV. Comment expliquer une inactivité entre telle et telle période ? En indiquant les années, sans détailler. Exemple : « 2010-2014 : directrice de magasin ». Pôle Emploi propose des accompagnements, des formations sont accessibles via le CPF (compte personnel de formation) qui remplace le DIF. « En mettant ce temps dinactivité à profit pour une formation, une remise à niveau, on enrichit son CV »

En entretien avec un DRH ou un chasseur de tête, on ajoutera les précisions nécessaires car, bien sûr, on n’‚a rien à cacher. Même si on ne décroche pas de CDI, on peut trouver des missions, rémunérées ou non, bonnes à ajouter dans le CV : bénévolat aux Restos du Coeur, participation au lancement d‚’‚une mercerie en ligne, etc. Tout est bon, pourvu que cela ait du sens par rapport au parcours pro. À dégager, les « J‚’‚ai fait un an de break pour préparer mon mariage » (si, si, ça s‚’‚est vu), ou les « J‚’‚ai taillé la route au Pérou, sac au dos », sauf si on a 25 ans et la vie devant soi. À oublier aussi, les missions bidons démasquées au premier entretien un peu fouillé. À l‚’‚ère du digital, les carrières linéaires, cela n’‚‚existe plus. Aujourd‚’‚hui, on passe facilement du salariat à l‚’‚entrepreneuriat ou au freelance, avec des périodes à l‚’‚étranger. Je m’‚‚intéresse plus à un parcours qu‚’‚à un statut ou à des diplômes. L‚’‚essentiel, c’‚‚est de pouvoir tout expliquer et de rappeler sa disponibilité. Eh oui, on est libre de suite, c‚est une aubaine !

Le chômage : une étape pour mieux rebondir
5 (100%) 14 votes
PARTAGER SUR
Ayoub Belkadi
Ayoub Belkadi est un consultant et Freelance SEO. Il optimise des sites web pour atteindre la première page de Google en utilisant le référencement naturel Whitehat SEO. Il concois aussi des sites web sous la platforme Wordpress 100% responsive.